Commentaire : Mauvais pronostic ?

Au cous des vingt dernières années, les primes de l’assurance obligatoire des soins ont augmenté plus fortement que les dépenses de santé. De 1996 à 2016, le total des dépenses de santé de la Suisse, corrigé du renchérissement, a augmenté d’environ 86 pour cent alors que les primes de l’assurance de base ont progressé de 104 pour cent en moyenne. À quoi cela est-il dû ?

Au cous des vingt dernières années, les primes de l’assurance obligatoire des soins ont augmenté plus fortement que les dépenses de santé. De 1996 à 2016, le total des dépenses de santé de la Suisse, corrigé du renchérissement, a augmenté d’environ 86 pour cent alors que les primes de l’assurance de base ont progressé de 104 pour cent en moyenne. À quoi cela est-il dû ?

L’une des raisons réside dans la répartition des coûts. Si les prestations ambulatoires sont entièrement financées par les caisses-maladie, autrement dit par les assurés, le financement des prestations stationnaires repose pour la plus grande partie sur des impôts. Le transfert du stationnaire à l’ambulatoire, l’une des préconisations favorites des politiciens de la santé, fait que, dans le système tel qu’il est actuellement, les primes augmentent et grèvent les budgets des ménages.

Pour le calcul des primes sont en outre pris en considération des bilans d’entreprise ainsi que les déficits des caisses, de même que l’évolution momentanée des coûts et les résultats d’exploitation de l’année précédente. Santésuisse, l’une des organisations de la branche, a récemment pronostiqué pour l’année en cours une croissance de 3 pour cent. Ce pronostic estil réaliste ?

La SMSR, société médicale de la Suisse romande, en doute. Son argument : Selon les chiffres officiels de la Confédération, l’augmentation des dépenses de santé à la charge de l’assurance obligatoire des soins observée pour la période allant des premiers trimestres de 2017 à 2019 ne serait que de 1,2 pour cent. Elle juge inappropriée la croissance des primes estimée par les assureurs. Les caisses ont constitué pour l’exercice 2017 des réserves s’élevant à environ 7,2 milliards de francs. La SMSR et nous sont formelles : les instances politiques doivent entrer en matière sur la baisse des primes.

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Dr Aldo Kramis, Responsable du comité de rédaction P+P VEDAG

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