
EFAS : risques et chances pour les médecins libéraux
L’EFAS va uniformiser le financement des prestations ambulatoires et stationnaires, corrigeant une erreur majeure de notre système de santé.
À l’avenir, les prestations ambulatoires ne seront plus exclusivement financées par les primes, mais aussi partiellement par les cantons, comme c’est le cas pour les prestations stationnaires. L’équilibre est ainsi rétabli en termes de financement entre la médecine ambulatoire et la médecine stationnaire, ce qui accélérera l’ambulatisation.
Mais cette nouvelle règle du jeu a un prix pour les médecins : les cantons se voient attribuer davantage de pouvoir et pourront planifier aussi les soins ambulatoires relevant de l’assurance de base. Les assureurs doivent fournir des données aux cantons afin que ces derniers puissent surveiller les fournisseurs de prestations et définir des chiffres maximaux pour les médecins. Après deux décennies de planification hospitalière cantonale, on est en droit de se demander à quel point le futur corset réglementaire va se resserrer pour les médecins et s’il sera efficace.
Dans ce contexte, les assurances complémentaires vont devenir stratégiquement plus intéressantes pour les médecins libéraux. Les prestations ou offres particulières et liées à des traitements complexes sont rarement prises en charge par l’assurance de base. Les offres complémentaires pourraient dès lors fortement intéresser les patients et représenter pour eux une valeur ajoutée évidente par rapport à l’assurance de base. Et pour le médecin, un moyen de se distinguer. L’EFAS n’agit donc pas seulement sur les flux finan ciers dans le système de santé, mais il est aussi le catalyseur d’un repositionnement général pour les fournisseurs de prestations ambulatoires. Pour le corps médical, c’est à la fois une chance et un risque.
Le commentaire de l’invité reflète l’opinion de l’auteur, qui peut différer de celle du corps médical et de la rédaction.
Wolfram Strüwe

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Photo : Pixabay